Une bonne nouvelle
Je ne sais pas vous, mais moi, j'avoue
que chaque jour je n'attends qu'elle.
Quand je dis « elle », détrompez-vous,
ce n'est pas vous, mademoiselle.
« Elle » voyez-vous, c'est bête comme chou,
ce n'est rien d'autre qu'une bonne nouvelle ;
Une bonne nouvelle, comprenez-vous,
qui trop souvent, manque à l'appel.
Il suffirait pour lever l'ancre
et traverser un vague bonheur,
d'une petite houle réjouissante,
s'échouant au creux de mon cœur.
D'une hirondelle, faisant le printemps
en annonçant de bonnes nouvelles
qu'on ne trouve pas sur internet
mais dans la bouche des ménestrels.
Je ne requiers pas votre grâce,
ma foi, la vie est ce qu'elle est,
mais trop de murs réduit l'espace
et j'ai du mal à respirer.
Ce que je veux, c'est pas grand-chose,
juste un détail, un confetti,
un ange sympa qui me propose
une petite tranche de paradis.
Dans mon bistrot, mon p'tit refuge,
j'entends chanter l'accordéon,
je ne dis rien, ni ne préjuge,
j'attends que valsent les jupons.
Et que le vent ainsi produit
vienne murmurer à mon oreille
ce que j'attends depuis des nuits :
le petit scoop qui émerveille.
On a beau dire, les infos pleuvent
et il fait moche dans les journaux,
et pas un flash, pas une brève,
qui d'un bienfait se fasse l'écho.
Ou c'est très rare, très éphémère,
ça disparaît, presqu'aussitôt;
une illusion, un courant d'air,
comme un lapin dans un chapeau.
Comme dit souvent ma nouvelle bonne,
pour être bonne, une nouvelle doit,
absolument, sine qua non,
ne pas être issue des médias.
Il paraît même qu'elle se cache
incognito dans le regard
des gens auxquels on s'attache
et qu'on se réjouit de revoir…