A force de traiter
les hommes de l'univers
d'étrangers
ne devient on pas
étranger à soi-même ?
Enfant de la banquise
Je suis un enfant bleu
rêvant d'azur et de voyage
un enfant du désert
où l'unique couleur
est la braise d'un cœur .
Si petit sur le dos de l'infini
je tutoie les étoiles
qui baignent mon empreinte.
« Etre », dis-moi le sens.
Vivre émerveille mon sang
pour hisser chaque pas
aux lumières du vol.
Je suis un enfant bleu
sur la marge du monde
et j'en veille les bords
où s'esclaffe le vent
un enfant de cristal
aux dents de goéland
saignant chaque heure de silence
pour y puiser l'azur incandescent.
Respire
Respire prends par la main la pincée d'air
au regard bleu.
Laisse aux nuages d'idées
le cours des eaux tremblantes.
Respire
soulève tes paupières
comme on lève les voiles
d'un navire attendu.
Étends tes bras de goéland
pour le rivage du non-temps.
Nie la seconde frôlant ton regard
nie l'hésitation d'être
un espace fini.
Deviens la vague
la volute l'aile
le printemps d'une errance éperdue