Poème d'amour étrange
A la mémoire de mes parents
Dans son absence,
Un grand silence.
Stone, Stone Claude, Claude Stone, Stone.....
Ce soir-là
Elle vient de jouer avec les mots qui composent son nom prénom,
prénom nom, nom-prénom !
Ce soir-là !
Il était une fois une bohémienne
Qui rêvait d'un homme
Pareil à la Cendrillon des comtes de Charles Perrault
À son Prince mystérieux.
O, comme il était beau et chaleureux
L'homme de ses rêves !
Cheveux frisés, peau noire, mains fines
Trois bracelets nlunga sur le bras
En cuivre caché dans les monts Nkanda !
Elle vient de jouer un jeu de son enfance.
Elle voit les yeux de la gamine qui regarde le ciel
Le firmament riche des étoiles de juillet
Qui bénit la cour où les parents travaillent encore
Dans la soirée estivale chaude, sereine, calme
La gamine cherche une étoile
Elle n'entend pas les appels au dîner de ses parents
Elle s'imagine que la même étoile représente
Juste le centre de l'univers pour un gamin africain
Ce soir-là.
On ne sait plus sur quel point-là
Le prince de Bas-Kongo
A changé les anneaux ma-dyéngé a mfumu,
Le disque solaire, les armes de parade
Et ses parures d'homme
Pour le destin d'un citoyen du monde
A Paris dit-on, l'actuelle Mirabilia Terra
Des attentes incessantes
Des vagues des immigrants
Il est beau Stone, Claude Stone, Stone...
Comme ça, une association de chaleur et pierre,
pierre et chaleur
dans son regarde qui reflète le soleil congolais.
Le jeu, jeu des mots, les mots du jeu.
C'était un jeu.
Un destin, un jeu, un feu, une chaleur et la pierre.
Sous la pierre repose la chaleur des parents,
Le feu des yeux de la femme continue le jeu des yeux de la gamine.
C'était le destin.
Et le gamin mystérieux du jeu qui vient du feu qui vient de la chaleur
qui vient de la pierre de son prénom non congolais : Stone !
Femme. Gamine. Parents. Chant. Gamin. Homme. Feu.
Sept mots qui la passionnent et la brûlent
Jeu. Amour. Douleur. Cloche. Enfance. Absence. Silence.
Il était une fois un magicien nganga .
On ne sait plus pourquoi
Un bonjour-là
Le prince-magicien des rêves de la bohémienne
Descendu du parfum des contes congolais
Mêlé à l'espoir de la rue parisienne
Vers la muraille d'un monde heureux
Il y est devenu plus silencieux
Que le cadenas.
Marilena
Paris, septembre 200