"C'est toujours pareil. Les pères ont poussé les nôtres dans les fours, les mères ont récité leurs chapelets, et les fils veulent généreusement nous assimiler, ils passent l'éponge, et les victimes, ils veulent ingénument que ce soient eux."
Pour toute une génération, trop jeune pour avoir connu les horreurs de la guerre, trop âgée pour ne pas en avoir subi les conséquences, il n'est amusant ni d'être allemand, ni d'être juif. Comment vivre avec un passé qui reste aussi présent, comment gérer la culpabilité, l'oubli et la mémoire ? À l'occasion de l'ouverture, à Vienne, du procès du SS Oberscharführer Anton Herser, la nation toute entière est obligée de faire face à un passé douloureux qu'elle préfère occulter. Dans l'Autriche des années 1980, il n'y a pas de normalité. Rien que la culpabilité et l'innocence. Les uns se cherchent, les autres s'évitent : une sociologue au chômage, un designer, une psychothérapeute, un journaliste hanté par le passé de son père, un écrivain appelé à témoigner au procès de son bourreau, un homme de théâtre qui dissimule ses origines…

Robert Schindel questionne l'identité collective et la place de chacun dans l'Histoire. Retour sans concession sur les plus sombres années du vingtième siècle européen, d'un pessimisme amer et désespéré, "Le Mur de verre" s'est imposé en Autriche et en Allemagne comme le livre d'une génération. Un roman tout aussi remarquable par la clarté de la réflexion menée que par la sûreté du jugement exprimé.

Mot de l'éditeur sur "Le mur de verre" de  Robert Schindel
Au début des années 1980, l'Autriche dort encore paisiblement, bercée par la douce nostalgie de la grande époque des Habsbourg. Mais l'ouverture à Vienne du procès du SS Oberscharführer Anton Herser, surnommé le briseur de crânes, interrompt brutalement ces rêves d'innocence. Toute la nation se retrouve confrontée à un passé douloureux, jusqu'alors trop souvent occulté : le national-socialisme. Un fils de SS hanté par d'effroyables souvenirs, un survivant appelé à témoigner au procès de son bourreau, un homme de théâtre qui cache ses origines... Autant de personnages complexes, de secrets, mais aussi d'espoirs, qui dévoilent strate après strate la psyché autrichienne. Dans une langue dure et poétique, Robert Schindel met en scène la difficulté de vivre avec un passé très présent, avec la culpabilité, l'oubli et la mémoire. Sans doute est-ce pour cela que Le Mur de verre est devenu en Autriche et en Allemagne le livre de toute une génération, trop jeune pour avoir connu les horreurs de la guerre, trop âgée pour ne pas en avoir subi les conséquences. Bouleversant retour sur la période la plus sombre qu'ait traversée l'Europe, le roman pose également des questions essentielles sur l'identité collective et sur la place de chacun dans l'Histoire .