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Sonia Khader

sonia.kashou@gmail.com


 


Sonia Khader poète palestinienne,

Sonia est née à Ramallah en Palestine, ville qu'elle admire tout particulièrement.

Elle a eu une formation multidisciplinaire : études supérieures en biologie à l'université de « Bir Zeït », un diplôme en architecture d'intérieure de l'université américaine ICS grâce à des études par correspondance, cours d'informatique pendant deux ans et demi à l'université d'elkods interrompu par la guerre contre la Palestine en 2002.

Cette formation multidisciplinaire et l'état de guerre en Palestine expliquent les différentes formations qu'elle a pu exercer :

•  Enseignante en physique et en biologie à l'école de sœurs Mary Youssef à Ramallah.

•  Enseignante des éléments de base de la langue française pour enfants

•  Après un court passage de 6 mois en tant que directrice générale à la maison d'édition et de distribution « Dar Echourouk », elle rejoint le théâtre d'Achtar, théâtre de formation et production théâtrale où elle occupe le poste de directrice générale du département communication.

•  Elle a dirigé et organisé le festival international du théâtre des opprimés en 2007 à Ramallah.

•  De même qu'elle a participé à plusieurs ateliers d'écriture théâtrale en association avec Royal Curt à Londres.

•  En 2005 elle a emprunté la voix de l'écriture et a publié certains écrits sur des sites électroniques et a créé son blog qui

•  Fin 2009 elle a publié son premier recueil de poésie « Pour des soleils que j'ai caché) aux éditions « Fadhaet » (espaces) en Jordanie

•  Elle prépare actuellement un nouveau recueil.





Parfumée, je vais à lui J'ai sauté du lit, J'ai porté ma tête moulue J'ai refermé l'ordinateur Après voir pris connaissance des derniers états de mes amis sur face book, J'ai effacé le reste des messages sur mon téléphone portable, J'ai exploré chaque angle J'ai cherché dans chaque coin, un mot qui pourrait dévoiler mes petits secrets. Dans une course fébrile avec le temps Je lave la vaisselle, Et ma tête ne cesse de tourner J'attrape le linge de la corbeille Je supplie la machine à laver pour qu'elle ne me laisse pas tomber après deux jours de sécheresse. Il m'attend sur le lit Je lui jette un regard dérobé Il garde encore ses bras ouverts Je retourne en vitesse à la cuisine Je me rappelle que je n'ai pas mis le reste du repas Dans des petits récipients Je me déplace d'une chambre à l'autre comme un fantôme qui a perdu le chemin vers son visage Je m'enfuis vers mon coin Là où je pourrai fumer ce qui reste de cigarettes Je me demande Si ma poitrine pouvait bruler deux cigarettes d'un coup J'inhale une cigarette comme si je voulais graver de cendre mes deux poumons Et j'ouvre la voie aux flammes. Je contrôle le lit encore une fois Il est là, il veille comme une lune alors que le ciel est une fille sans traits Quant à moi, Je suis une image dans le corps d'hier. Comment puis-je me remplir les yeux des visages que j'aime Et les visages peuvent-il rosir dans le petit univers de l'œil, Là où le soleil est éteint et s'est avec un nuage stérile. Il se lève, Il avance d'un pas vers moi Je m'éloigne de deux pas Là où le mur derrière moi n'est plus un mur Mais de la cire qui coule lentement sur mes pieds nus. Dans le soupir de l'instant Je laisse choir mon corps Comme un chat craintif Et le temps un vieux chien Qui aboie et se meurt. Je regarde dans le miroir pour voir mon visage blême comme un désert qui a perdu connaissance Mon corps battant se noie dans la poussière et mes flancs un poème plein de nostalgie pour être écrit. Je n'éteins ni la lumière Ni mes yeux Toute chose est à sa place Et prête pour recevoir le temps nouveau. Je retire un flacon de parfum J'asperge mon cou Je range mes cheveux derrière les oreilles Je mets mes pieds entre mes bras, Je prie Je demande miséricorde à Dieu Pour des petits pêchés et des grands péchés Que je n'ai pu commettre Et parfumée, Je vais à lui…

Traduit par Monia Boulila




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