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MEMBERS OF POETS IN PARIS

 

PER SØRENSEN

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3 ter rue de Villiers 93100 Montreuil

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per.sorensen@hotmail.fr

 

PER SØRENSEN, “Danois du côté de ses parents, Mauricien du côté de sa femme regrettée, Français du côté de ses enfants”, est arrivé en France en 1969, nourri d'idées d'art public au contenu social. Créateur et imprimeur – et colleur, en équipe, sur murs et palissades – il met ses affiches sérigraphiques, dont le langage polychrome augure l'avènement des graffeurs actuels, au service du P.C.F. et plus largement des municipalités d'“union de la gauche” du 93. Grâce à des décideurs peu bureaucratiques, qui y croient. À la fin des années 70, les solvants nocifs associés à la sérigraphie, ce merveilleux véhicule d'expression, le forcent à s'arrêter.

Resté fidèle à son engagement et à ses thèmes, il renoue, pendant de longues années comme veilleur de nuit, avec l'autre compagne de route, l'écriture. D'abord en danois, langue de son lointain début, “Tigrene fra Cardiff” (Les tigres de Cardiff) et de “l'album fétiche”, par une certaine critique de l'époque salué en tant qu'évènement poético-politique à l'imagerie surréaliste, par une autre : souillé de bile haineuse. Il s'agit du richement illustré “De søvnige forstæder” (Les banlieues dormeuses) de 1970.

Le vécu a posé ses exigences. Le français, “langue maternelle” familiale, collective, de fête et de deuil de plus d'une moitié d'existence, a naturellement pris le dessus, en qualité de meilleur outil pour exalter la beauté, mais aussi pour fustiger les ennemis de cette beauté. La “réalité concentrée” qu'est la poésie selon Per Sørensen clame aujourd'hui le respect des vieux pour les jeunes (autant que le vice-versa) et met en garde les “Rimbauds généreux / et leurs rêves immaculés de filles et de pêches aux fesses de velours” contre les “Rambos privatisateurs aux muscles gonflettés” avides de les transformer en “idoles des jeunes épargnants”.

 

Remarques sur l'appellation TOUBAB KALO  :

 

TOUBAB = BLANC

dans les langues de l'Ouest africain comme wolof, manding, etc…

(cf. TOUBIB. À l'époque coloniale tous les médecins étaient blancs.)

 

KALO = NOIR

dans les langues de l'Est parisien, influences tsigane, hindi, arabe etc…

(cf. KHÔL : fard sombre autour des yeux.)

 

Donc, LE BLANC NOIR .

Une identité non raciale, non ethnique.

(En respectant toute attitude identitaire non raciste).


 

 


En danois  :

“Tigrene fra Cardiff” poèmes (“Les tigres de Cardiff”. 1965)

“De søvnige forstæder” poèmes illustrés (“Les banlieues dormeuses”. 1970)

 

En français aux Éd. TOUBAB KALO :

“La cigale du métro” et d'autres poèmes à haute voix ( 2005)

“Soungoula le roi des piments” conte (2005)

“Le petit joueur de flûte de Babylone” poème illustré (2006)

“Haïku Gags” (2008)

“Étoiles et yeux rouges” poèmes (2009)

“Scarifications tribales” poèmes (2009)

“Just like home” freestyle illustré (2009)

 

En préparation avec Jean Denis Robert (photos) : “Peoples”

 

 


 


LA CIGALE DU METRO

Nous la retrouverons

la cigale du métro

lorsque

amplifiée

par l'arbre creux

de la banquette

elle se gonfle

et se balance hors de

la peau de bronze lâche

tirebouchonnée

de ses bas

Juré !

Sur le livre de partitions fermé

de sa lourde poitrine

elle le jure :  

Avant que le bateau de l'heure de pointe

ne l'emporte à vau-l'eau

inaperçue

par les visages de granite

au même titre que le folklore

d'avant-garde inventée

du petit gitan

sans oreille musicienne

Dans le sifflet de samba policier

énervant

du grillon

nous la rechercherons

Dans la glossolalie délirante aussi

de la sauterelle expulsée de l'Éden

qui

rasée de près comme Eve

se gratte d'herpès

effroyablement seule

dans un parc de fleurs sans odeurs

Et pendant que

des mannequins

aérodynamiques

dont l'unique talent

est leur jeunesse

sans pudeur

jettent de l'ombre

sur celle qui les a nourries

toutes :

La Voix des Voix

comme sur les bourrelets sales

d'une prostituée

nos larmes retardataires

sonneront

dans le chaudron d'enfer de la canicule

d'étonnement

face à un son de cigale si pur

dans cet étui de cigare

desséchée

étui de momie

accroupie

(pas en train de chier)

un arc et une flèche à ses côtés

et la plus haute technologie

collée à l'oreille

Dans ses yeux injectés de sang

qui ont trop longtemps nagé

dans la mer de l'exil

de chlore et de courant d'air

nous retrouverons

le rêve

du tapis rouge

déroulé par l'arbre défleuri du pays natal

et nous le porterons en triomphe

de par les théâtres du monde

 



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