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L'enfant nu de Port – Gueydon (nouvelle)

Le gris n'est pas une couleur c'est une pensée (nouvelle)

Dénuement et solitude (nouvelle)


Une femme amoureuse (nouvelle)


D'amour et de révolte (poèmes)


Jours de pluie (poèmes )

Editions cosmophonies

Contact yvan.tetelbom@wanadoo.fr

 

Quelques textes :

Les rhapsodes étaient arrivés. Ils venaient des terres de loin. Quelques uns disaient déjà des poèmes en arabe sur la grande scène des cavaliers. On avait installé des tapis d'Orient pour les fidèles et pour les autres. La sérénade méditerranéenne pouvait commencer. Et l'enfant de Port-Gueydon courait nu-pieds, comme un cheval fou sur les cailloux brûlants qui longeaient la baie et plus il courait, plus les mots de toutes les libertés, les mots de toutes les évidences, explosaient dans sa tête. Il savait déjà le Monde des Êtres dont les vibrations toujours s'unissent ou se combattent.

L'enfant nu de Port Gueydon (extrait)

Dernière palpitation
Devant la tombe
L'automne perd ses feuilles
Désarroi intérieur
Effroi quand la mer se retire
Seul au monde
Effacé - vivant
De toutes traces
De silence mortel
En silence de mort
Déclenchement sous le germe
D'une étreinte ultime ?

(jours de pluie)

Les mots

Les mots ont leur Espoir
les mots ont leur Folie
dans les embruns du soir
les mots ont leur Magie
recréant la Beauté
les mots ont leur Cantique
dans mon jardin secret
aux intuitions mystiques
les mots ont leur Pouvoir
les mots ont leur Langage
les mots ont un miroir
les mots ont un V I S A G E
et au-delà des mots
c'est déjà ton Silence
comme l'indifférence…

Éclipse d'amour

Éclipse d'amour : dureté de contact de l'âme avec le Monde
toujours à se culpabiliser
le poète s'égare dans le renoncement
des jours aigris et craintifs
je repense le sens des mots d'Arrabal
dans Humbles Paradis :
que le châtiment
ne t'apprenne pas la soumission
et vient l'ensoleillement silencieux
et clairvoyant
dans le temps reconstruit :

Retour sur images d'Enfance

L'écrivain écrivait… le passant passait…
le défilé défilait… le vieil homme vieillissait…
j'étais en pensées d'enfance…
mais rien ne s'oublie
tout devient plus précis
plus vivant
avec le temps

l'écrivain public déclarait
ses émerveillements dans la rue pleine…
les pas de l'Homme - Grand
s'imprégnaient du chemin de terre humaine
les militaires en breloques
se tenaient, droits, dans l'allée des morts…
ils croyaient encore
à l'Algérie Française
et moi, j'étais tellement fier
auprès de mon grand-père
surtout après la prière
du Vendredi soir
lorsque nous quittions la synagogue
lui, savait tant de choses…

 

Et ce matin, il pleut, il fait froid, l'humidité épaissit l'air dans cette ville actuelle adossée à la pluie. Tu me manques et ta peau, je la respire, douce, j'en hume le miel et ta bouche, suspendue aux palpitations de la danse des gouttelettes, se remplit du chant salé de la mer. J'ai espoir que tu viendras, -mais quand ?-, au jardin des calligraphes, là où les fastes de Bagdad étendent leur bleu étrange. Riche en notes de luth, travaillée au derbouka, une voix de rhapsode s'élève et se lamente, loin de son amante : prière en terre d'exil pour que revive l'âme des poètes assassinés, prière sans cesse dite à son absente : « tu ne peux m'oublier, il est inhumain de m'oublier ».

Le trépignement de la pluie sur l'onde est agaçant. Cela peut durer des heures. Enfin, le bloc longiligne nappé de fer, s'extrait lentement du dernier carré de mer, tassé dans le port. Les rochers s'écartent pour libérer le passage de la masse, s'affaissent derrière mon dos, emportant maisons, ruelles et chansons. C'est un choc, une brutalité. Le basculement est immédiat. 

Avant, j'évoluais dans mon enfance de Prince, dans l'ambiance chaude des complaintes berbères, mi - sommeillant, mi - éveillé aux soubresauts félins du monde et là, en une fraction de secondes prises dans la multitude, je devais me tenir prêt au pire, à l'affrontement ? Je devins affûté en lecture des signes annonçant les grandes mutations me concernant et à échelle qui me dépassait, au vaste Monde, ainsi lorsque le vent d'est errant sur une mer d'huile se retournait sans sommations, en vent d'ouest, provoquant tempête et tremblements, ainsi lorsque la nuit était traversée de tressaillements, de lueurs - follets, de lamentations sporadiques . Je me méfiais de tout, d'une parole lunatique passant vivement du clair au chargé, à l'opaque, ou lorsque dans un tout autre registre, les gens dits sérieux que j'approchais devenaient subitement, hilares, cyniques.

(dénuement et solitude)

odeurs d'encriers
estrades à bois de scène

rêveries enfantines
à l'accent de Moyenne - Afrique

connaissance de soi
dans l'attente de l'autre

de toute évidence
l'éclipse d'amour
a sa musique solitaire

L'ombre et la lumière

L'ombre est sans gêne
à petites touches elle s'approprie l'espace
séduisant les jours d'été par sa fraîcheur
elle attend la déconnection du soleil
mais son rêve est d'étendre son royaume
d'un bout à l'autre du globe
préfigurant un Monde
où pourraient vivre toutes les choses qui ne s'expliquent pas

l'ombre deviendrait alors… la Lumière

Les Rêves de la nuit

Où vont se perdre les rêves de la nuit
quand les premières lueurs de l'aube pure
viennent caresser les images de la vie
vont – ils mourir au terme d'un long voyage
dans les jardins d'une autre galaxie
pour y renaître sous forme de nuages…

libérés de l'emprise de la pensée
où l'homme, par nature, les avait tenus
à dessein de vouloir les maîtriser
ou vont – ils habiter d'autres consciences
à la recherche d'une autre forme de vie
survivant à leurs fantasques errances…
où vont se perdre les rêves de la nuit
quand les premières lueurs de l'aube pure
viennent
caresser
les prémisses
de la VIE …









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yvan.tetelbom@wanadoo.fr

33 (0)6 14 32 18 36

 


 

 

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