Silvia Tocco est argentine. Elle est née à Buenos Aires le 14 mars 1954. Elle est médecin, psychanalyste et spécialiste en Psychiatrie infantile. Elle a travaillé dans des ateliers d'écriture avec des enfants à problèmes émotionnels. Elle a publié le livre de poèmes Después de la tormenta , aux Éditions Libros de Alejandría. Argentine, 2000.
Ses poèmes ont été traduits en français. Elle a participé à l'Anthologie « Terre de poètes, terre de paix », Editions Ifrikiya, Cameroun, septembre 2007 et à l' « Anthologie collective des femmes pour la paix », aux Editions L' Harmattan, Paris (en préparation)
Elle a reçu le 2º Prix au Concours National de Poésie pour le Centenaire de la naissance du poète José Pedroni, Argentine en 1999, la Mention d'honneur à la IXº Biennale Internationale de Poésie Brève, Valparaíso, Chili en 1999 et a été finaliste du Concours International Lettres d'Or, Honorarte, Argentine en 2002.
Camp de réfugiés
« C`est le désert le plus triste de tous les déserts, loin de la mer »
Lalia, petite fille saharouie
Ils sont nés au bord
et les grains de soleil
s'étaient déjà distribués
les mères les cachaient
sous leurs tuniques fanées
au cas où, la nuit,
la tempête de sable
les jeta trop tôt
dans les fosses
Ils comptent des milliers
il ne frappe personne
qu' ils comptent des milliers
des yeux inertes à regarder
sans atteindre
et de se demander quand
quand commence-t-il la mer ?
À quelle maison retourner
si rien ne rentrer
Campo de refugiados
“este es el desierto más triste
de todos los desiertos, lejos del mar”
Lalia , niña saharahui
nacieron en el borde
y los granos de sol
habían sido ya repartidos
las madres los ocultan
bajo sus túnicas marchitas
si acaso por la noche
la tormenta de arena
los arrojara a las fosas
antes de tiempo
son miles
a nadie sorprende
que sean miles
ojos inertes de mirar
donde no alcanzan
y preguntar
cuándo empieza el mar?
a qué casa volver
si nada regresa?
M° Étoile
sa voix noire
rebondit
sur les corps sans yeux
du métro de Paris
dans la langue
hors de sa peau
les tam tam
de la tribu
battent
M° Étoile
su voz negra
rebota
en los cuerpos sin ojos
del subte de París
en el idioma
fuera de su piel
los tam tam
de la tribu
baten
Après Auschwitz
à Primo Levi
la neige sale
et l'odeur qui recommence
par les cheminées
les enfants
comme des oiseaux migrateurs
s'échappent légers
l'étoile sur la chemise
touche l'os
Krematorium, ausmachen *
la voix âpre dans le rêve
reviendraient les oiseaux
la neige
et la peau sans miroir
reviendraient les étoiles
qui s'éveillera demain?
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* Crématoire, éteignez
Después de Auschwitz
a Primo Levi
la nieve sucia
y el olor que vuelve
los niños
como aves migratorias
escapan leves
por las chimeneas
la estrella en la camisa
toca el hueso
la voz áspera en el sueño
tal vez vuelvan los pájaros
la nieve
y la piel sin espejos
tal vez vuelvan las estrellas
quién despertará mañana?
1Crematorio, apaguen